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Même
si l’on a été des 9 éditions, les Absinthiades offrent toujours des plaisirs
rares. Ne serait-ce que le plaisir d’avoir fait la connaissance de Zoe
Griffin, blogueuse hype des nuits londoniennes. On croise aussi, à
Pontarlier, des personnes authentiques, tels Antoine Génerau et sa complice
Alexia Lorson. D’avoir travaillé à la boutique Die Grüne Fée d’Hans-Peter
Fuss (Heidelberg) a permis à Antoine d’acquérir tôt une vraie connaissance
des absinthes recommandables. Vous pouvez donc vous fier à ses papilles
affûtées et passer commande sur
www.RueVerte.fr Vous y découvrirez
notamment la maligne exclusivité maison, les coffrets Absinthexplore.
Autre magasin à visiter, si vous êtes cette fois de passage dans le sud
de la France, Ambiance anis au Castellet (Var), village célèbre pour le
circuit automobile Paul Ricard. Agnès et Joël Salmon vous donnent également
RDVS sur le site : www.ambiance-anis.com Les absinthes de Fougerolles
(Haute-Saône) y sont bien représentées (3, rue de l’Aube, 83330 Le
Castellet, Tél : 04 94 05 43 84).
Le docteur Jean-Pierre Luauté est
monté de Romans-sur-Isère présenter et dédicacer sa Bible sur la marque
Premier-Fils : Premier-Henry – Une dynastie de distillateurs romanais
(Romans-sur-Isère et Auvers-sur-Oise, APEDP et Musée de l’Absinthe, 2009).
Un travail rigoureux signé par un esprit réellement scientifique déjà
co-auteur ou auteur des remarquables synthèses : Toxicité neuropsychiatrique
de l’absinthe - Historique, données actuelles (Annales Médico
Psychologiques, N°163, 2005) et L’absinthisme : la faute du docteur Magnan
(L’Évolution psychiatrique, N°72, 2007). Cet ouvrage est notamment en vente
à la boutique Vert d’absinthe et sur le site
http://absinthepremier.com/
Marta and Michal Sikorski s’emploient à faire connaître
l’absinthe en Pologne. Nous irons leur rendre visite tôt ou tard : Absynt
Alkohole, ul Meander 16 02-791 Warszawa, pon.-ndz. 11.00-22.00, Tél : 501
572 834 507 196 73,
zamowienia@absyntsklep.pl
Nathalie et
Christian Dunoyer ont créé à Genève, L’Académie de l’absinthe. Ils
organisent des séances de dégustation comme récemment avec Olivier Matter
(Absinthe Duplais, Kallnach en Suisse alémanique). Leur site est en
construction mais d’ores et déjà très recommandable :
www.academiedelabsinthe.com/
Venu moi-même de loin et en l’occurrence du Calvados
(Basse-Normandie), je ne me rends jamais à Pontarlier sans passer aussi
quelques jours au Val-de-Travers. Jean-Jacques Charrère est une personnalité
du lieu quand bien même il n’y habite plus depuis 2000 se partageant entre
une péniche hollandaise, basée en France et la Suisse. Hélas, journaliste
durant trente ans à l'Impartial, au Journal La Suisse, au Journal de Genève,
puis au Temps, il est lui-même réfractaire à l’interview et c’est le seul «
vallonnier » avec lequel je n’ai pas eu d’authentiques entretiens. Notamment
contacté autrefois par un journaliste de l’excellente émission télévisée
belge Strip-Tease souhaitant filmer une cuite clandestine, j’avais sollicité
Jean-Jacques Charrère qui avait décliné l’offre. Dommage, quand on sait
l’usage réservé à une séquence analogue par les « reporters » de National
Geographic T.V (2005) en dépit des moyens déployés par Emmanuel Wüthrich
(dit, Beate), Nicolas Tripet, un distillateur privé et moi-même. Il demeure,
tout de même de cet épisode, une belle photo dans un reportage de l’édition
allemande du magazine Géo (2005). Jean-Jacques, petit-neveu de la mythique
Malotte des Bayards, est aussi le digne rejeton de ses parents,
distillateurs sous le manteau. La recette de la Marta, sa mère d’origine
italienne, précise que « l’absinthe doit couler comme un fil » au bec de
l’alambic. Georges Droz n’évoquait-il pas dans Feu... l'absinthe (Éditions
de la Prévôté, 1973) « l’aiguille à tricoter » de la Mère Henriod ?
L’absinthe de la Marta est blanche puisque clandestine mais elle recourt
tout de même pour les « parfums » à de la réglisse puis à un peu de petite
absinthe, de mélisse, de menthe et de grains de coriandre. Aujourd’hui, les
absinthes DuVallon (l’ancien pseudonyme de Charrère au Courrier) se
distinguent toujours par certains de ces précieux arômes et également par la
charte graphique de leurs étiquettes, toutes signées par… la fille de
Jean-Jacques. Luc Rodriguez (Vert d’Absinthe) vend la colorée Veuve Verte
(68°) et Blandine (65°), une absinthe riche en anis vert et moins en fenouil
pour se conformer à… l’actuelle norme française… Jean-Jacques précise : «
Nous produisons un peu plus de 500 litres par année pour le plaisir et pour
perpétuer la tradition familiale. Mais l’été, je transporte désormais des
passagers sur le canal du Midi »… Son site très documenté n’est plus
vraiment à présenter aux experts de la bleue :
www.absinthe-duvallon.com/
Daniel Guilloud s’emporte volontiers contre un distillateur
genevois prétendant être sorti du bois quoique dans le même temps flic, deux
activités non… solubles dans l’alcool. Il est vrai que cet ancien commerçant
en audiovisuel de Fleurier n’a pas à prouver ses quartiers de noblesse comme
le gars René Wanner… Daniel est intarissable sur la période de la
prohibition : « Dénoncé par un jaloux de ma double casquette, je vendais des
TV et des litres en masse, la police frappe à ma porte un dimanche matin de
2001. Je croyais que c’étaient les Témoins de Jéhovah, surprise, surprise…
Plus sérieusement, j’estime avoir innové, en n’utilisant que des bouteilles
neuves pour le respect de l’hygiène et surtout j’ai voulu qu’elles soient
identifiables avec leur bouchons en plastique blanc ou l’étiquette du Guguss
si populaire jusqu’en Suisse alémanique. ». Aujourd’hui, Daniel bichonne sa
cave, régale une clientèle très contrastée et rêve à une nouvelle recette
avec son fils. J’ai personnellement promis de ne pas en révéler le nom mais
ils la promettent « à couper le souffle » ! (Cave Celle à Guilloud, 2114
Fleurier (à côté de la Migros), Tél : 079 568 52 35).
Pierre-André
Stauffer (Couvet) a passé dix ans dans le bois ou l’ombre comme on voudra. –
« C’était bien que ça s’arrête, j’ai deux enfants et je ne voulais pas y
laisser ma santé. La clientèle n’était pas toujours discrète et certains
voulaient boire à l’œil toujours plus de tournées en compagnie de leur
fournisseur préféré. L’hygiène n’était pas non plus toujours de mise chez
tous les clandestins mais il est certain que la légalisation a enlevé le
piment de l’interdit. Vous trouvez aujourd’hui des gens qui dédaignent le
produit légal sur lequel ils ne tarissaient pas d’éloges lorsqu’il était
prohibé. » Si Daniel Guilloud claironne avoir repris jusqu’ici la recette de
la Malotte, Pierre-André Stauffer déclare la sienne secrète, inconnue même
de sa femme ou de son fils et conservée dans un coffre bancaire. Un rapide
coup d’œil sur les sacs et pots de son atelier révèle néanmoins qu’il
emploie de l’anis de Pologne, de la badiane, de la grande absinthe, de la
mélisse citronnée, de l’hysope, de la petite absinthe, des racines de
réglisse, de la menthe poivrée, de l’angélique ou des grains de coriandre.
Pierre-André affirme avoir toujours « estimé que l’absinthe doit plaire aux
hommes comme aux femmes. ». C’est pourquoi sa blanche « Absinthe 55° » se
révèle nullement agressive au palais et plus ronde que brutale. Dans le
jardin, il peut recueillir de l’eau d’une source qui servit, autrefois, à la
maison Berger. Employé de la pharmacie Gilbert Bourquin depuis 1972,
Pierre-André travaille en étroite relation avec son patron. Longtemps, des
habitués sont venus acheter dans cette officine l’alcool et les plantes
nécessaires à l’élaboration maison d’un bleue. Ils réclamaient alors au
préparateur « leur dose pour une P’tite ». Nous achetons pour notre part, à
titre de curiosité, de la Tisane Sidroga à l’Aa. Puis, Pierre-André Stauffer
nous emmène successivement au grenier et au sous-sol de la pharmacie soit du
XIXè siècle à l’époque New-Age. Nous découvrons d’abord une superbe
apothicairerie qui semble avoir abrité plus d’un intime apéro puis une vaste
salle voûtée de dégustation à louer pour des soirées privées. La décoration
combine harmonieusement lustre vénitien et lignes high-tech. Cinq litres
d’absinthe ont été dilués dans la chaux des murs blancs écrus. Bref, dans un
autre genre, un lieu en tous points digne du mythique Café de la Raisse dont
nous formons ici des vœux pour une prompte sauvegarde (Pierre-André
Stauffer, Case Postale 135, Couvet, Tél : 079 425 9150).
Si je
quitte Couvet pour Môtiers sans évoquer Artemisiana, Claude-Alain Bugnon va
me foudroyer mais ce malin entre les malins a-t-il encore besoin de
publicité ? L’homme est charismatique et ses produits d’excellence trustent
légitimement les prix. On croise ses bouteilles des États-Unis au Japon et
je reproduis ici, à titre de clin d’œil, une édition limitée pour le Yacht
Absinthe ou la belle étiquette d’Alexandra Delalle pour une autre série en
gestation pour Patrick Pasky. Artémisophile, Patrick est spécialiste du
jouet ancien (site Le Village du Jouet) et auteur de la vie romancée d’une
femme à barbe qui tint un café où l’ambroisie verte coulait à flots
(Clémentine, une femme au poil, Remiremont, le Village du Jouet, 2008).
Toutefois, je ne saurais oublier davantage Gaudentia et Jean-Michel Persoz,
les artisans déterminés de La P’tite et anciennement distillateurs du fameux
« Crabe », la bestiole qui marche… de travers… J’ai bien évidemment un
faible pour leur Absinth’Love (69°) et vous retrouverez dans la section «
Boveresse 2009 » des images de leur stand et de leur gamme complète
d’absinthes.
L’Absintherie du Père François (Môtiers) face aux
ateliers d’Yves Kubler (son absinthe est particulièrement bien diffusée en
Basse-Normandie via le Groupe Diwisa notamment propriétaire du Calvados
Château du Breuil) se révèle embellie à chacune de nos visites. Il y a là,
deux fastueuses huiles sur toile honorant la bleue ou une étonnante affiche
Extrait d’absinthe J. Ammann (Fleurier) ici reproduite pour le plaisir des
yeux. Néanmoins, c’est l’accueil si chaleureux de François Bezencon qui
surclasse le tout, sa faconde, et ses mille anecdotes sur la Fée distillées
au fil de voluptueuses rincettes et surrincettes maisons… Aujourd’hui
encore, mes amis Cathy Ytak et Éric Coulaud, du voyage, m’assurent n’être
pas complètement redescendus de ce petit nuage…
Ancien horloger,
Willy Bovet (5, rue de la Gare, Môtiers) travaille notamment d’après la
recette que lui a communiqué Robert Bobillier et avec un alambic fabriqué
par Roland Thonney. Ses étiquettes des temps héroïques sont le célèbre chat
Bourgeois et la dame jaune et verte ci-contre (La Véritable 52°). Willy
cultive lui-même grande et petite absinthe, mélisse, hysope et menthe. Il
les fait sécher, nouées en javelles dans des greniers convenablement
ventilés et étudie avec le même soin vieillissement et coloration en fûts de
chêne. Willy commercialise trois absinthes différentes : la douce Le Chat
(54°), la plus amère Tradition (65°) et Nostalgie (54°) une absinthe
légèrement colorée par un séjour en fût de chêne et conservée dans une
bouteille opaque …
© Benoît NOËL
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Rue Verte

Premier fils

Premier Fils

Premier Anis

Marta et Michal Sikorski

Laurent Vermot

La Ptite Bleue

Ammann

François Bezençon

François Bezençon

Markus Hartsmar et Jean-Jacques Charrere

Daniel Guilloud

Gilbert Bourquin

Sidroga

Pierre-André Stauffer

Pierre-André Stauffer

Pierre-André Stauffer

Pierre-André Stauffer

Pierre-André Stauffer

Clandestine

Fee Couvet

Yacht L'Absinthe

Alexandra Delalle

Bouteille

La P'tite

La Valote

Valote clandestine

Valote legale
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