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Benoit
Noël : Gustave Courbet, franc-maçon – linéaments d’une enquête, Lettres
Comtoises, N°10, 2005.
L’intuition fulgurante fit nombre de jaloux. On jugea l’hypothèse
séduisante mais la thèse insuffisamment fondée sur des documents établis.
En réalité, Hélène Toussaint fit preuve, en 1977, dans le catalogue
qu’elle consacra avec Marie-Thérèse de Forges à Gustave Courbet lors de
l’exposition du centenaire au Grand Palais, d’un pragmatisme et d’un
esprit d’observation et de synthèse exceptionnels. Nul saucissonnage de
l’œuvre sous la plume d’Hélène Toussaint – déjà auteur dix ans auparavant
du remarqué catalogue de l’exposition Théodore Rousseau du Musée du Louvre
– mais une vue d’ensemble radicalement neuve. Nombre de toiles de Gustave
Courbet (1819-1877) seraient à clés et traduiraient clairement sa nature
foncièrement républicaine. Cerise sur le gâteau, sa célèbre toile
manifeste L’Atelier du peintre (1855, Musée d’Orsay) ou plus
complètement : Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de
ma vie artistique dévoilerait sa qualité de franc-maçon…
Benoit
Noël : Jules Adler - L’œil d’Aigle, Lettres Comtoises, N°9, 2004.
Jules Adler (1865-1952) comme
Émile Zola est un artiste engagé. C'est selon Joseph Uzanne (qui fait son
portrait dans le recueil les Figures Contemporaines, édité par Angelo
Mariani, le roi du Vin de Coca) le peintre des « humbles », des
« déshérités » et des « malheureux ». En 1897, cet ancien élève d'Yvon aux
Beaux-Arts de Paris s'est fait remarquer au Salon des Artistes Français
avec les Las, œuvre inspirée d'un extrait de l'Assommoir, cité par
l'artiste dans le catalogue du Salon : Ils marchaient sans un rire,
sans une parole dite à un camarade, les joues terreuses, la face tendue
vers Paris qui, un à un, les dévoraient. Le tableau acquis par l'Etat
rejoignit les cimaises du Musée du Luxembourg et on peut l'admirer de nos
jours au Musée d'Avignon. À partir de 1898, la maison d’Adler devint un
repaire de Dreyfusards. La Mère - dénonciation sans pathos de
l’alcoolisme rampant - est accrochée au Salon de 1899 puis à celui de
1900, J. Adler expose la Grève au Creusot, épisode tiré de scènes
vécues sur place en compagnie de Théophile-Alexandre Steinlen…
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