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Éditions BVR
Lieu Doré
14140 Sainte-Marguerite des Loges
France
Tél : 02 31 31 15 78
editions-bvr@orange.fr
Livre broché
Format 15X21
224 pages
160 illustrations rares notamment issues de collections privées et du
Musée de Pontarlier.
23 Euros
Participation aux frais de port de 2 euros par exemplaire pour la France
métropolitaine
Commande en nombre et hors-France métropolitaine :
editions-bvr@orange.fr
Plante ambivalente douce au toucher mais amère en bouche, l’absinthe
entre dans la composition de multiples panacées comme de certains poisons.
À petites doses, baume physique et de l’âme, elle chasse notamment la bile
noire, source de la mélancolie. En forte concentration, elle est abortive.
Distillée avec l’anis et le fenouil, à partir de 1797, elle confère une
finale âpre à un apéritif suave réputé délier l’imagination comme les
cœurs. Cette aura lui attire les foudres des viticulteurs qui l’accusent
de mener à la folie et obtiennent son interdiction en 1915. Dès lors, son
mythe grandit et la Fée verte devient à jamais la muse, par excellence,
des artistes.
Paradoxalement, les recettes originales de l’apéritif absinthe préconisent
quatre fois moins d’Artemisia absinthium (le nom latin de la plante
absinthe) que d’anis (vert et fenouil). L’explication en est simple. La
nouveauté de l’absinthe macérée et distillée tenait originellement à sa
discrète pointe d’amertume acidulée sur la langue succédant à un véritable
bouquet floral en bouche. Seule cette attaque inattendue la différenciait
des anisés antérieurs (ouzo, raki ou Marie Brizard…). Las, le goût
évoluant au fil du XIXe siècle vers des produits alimentaires suaves (du
moins en France), cette qualité s’estompa parallèlement à l’abandon
progressif des gentianes, bitters et autres amers.
Les absinthes composées de simples des prés toutes réputées médicinales
sont dites Suisses, Superfines, de Pontarlier ou de Fougerolles, autant de
labels de qualité, équivalents à une A.O.C avant la lettre. Ce sont « à la
lettre » des boissons « apéritives » c’est-à-dire stimulant l’appétit,
comme « spiritueuses » soit censées éveiller l’esprit. Hélas, il n'en
allait pas de même des copies vendues à vil prix à des consommateurs
indigents, et véritables casse poitrine contre lesquels Émile Zola s'éleva
à raison, en même temps qu'il fustigeait les conditions de travail
indécentes du bas prolétariat l’amenant parfois droit à l'alcoolisme.
Spécialiste de la Clémente liqueur à laquelle il a consacré plusieurs
essais minutieux, B. Noël propose ici un abécédaire synthétique mariant
les mots clés indispensables aux plus inattendus. Entrer dans ce livre,
c’est ne plus en sortir…
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