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Édité par la Ville d’Alençon, 2007
Format : 21 x 29,7. Broché. 48 pages. Prix : 15 €
En 1857, Auguste Poulet-Malassis jeune éditeur et imprimeur alençonnais
d’avant-garde publie trois chefs-d’œuvre de la poésie romantique : Les
Odes funambulesques de Théodore de Banville, Les Fleurs du Mal de
Charles Baudelaire et Émaux et Camées de Théophile Gautier. Dès lors, le
Courrier de Paris célèbre ses livres racés avec cette formule magique :
C’est de l’Orne aujourd’hui que nous vient la lumière…
En 2007, la Ville d’Alençon rend hommage à son audacieux entrepreneur,
rénovateur de la typographie française au fil de cet album illustré
retraçant l’indéfectible soutien d’Auguste Poulet-Malassis à Charles
Baudelaire dont les Fleurs du Mal sont injustement censurées.
Dès 1888, Alphonse Daudet fait revivre les habitués de la Brasserie des
Martyrs, sur les flancs de la butte Montmartre, dans Trente ans de Paris
à travers ma vie et mes livres :
Voici Charles Baudelaire, un grand poète tourmenté en art par le besoin
de l’inexploré, en philosophie par la terreur de l’inconnu. Victor Hugo
a dit de lui qu’il a inventé un frisson nouveau. Et personne, en effet,
n’a fait parler comme lui l’âme des choses ; personne n’a rapporté de
plus loin ces fleurs du mal, éclatantes et bizarres comme des fleurs
tropicales qui poussent gonflées de poison, dans les mystérieuses
profondeurs de l’âme humaine. (…) Correct et froid, d’un esprit coupant
comme l’acier anglais, d’une politesse paradoxale, à la brasserie il
étonnait les habitués en buvant des liqueurs d’outre-Manche en compagnie
de Constantin Guys le dessinateur ou de l’éditeur Malassis.
Un éditeur comme on n’en fait guère, celui-là : spirituel et
curieusement lettré, il mangeait royalement une belle fortune de
Province à imprimer les gens qui lui plaisaient. Mort aussi, mort en
souriant, peu fortuné, mais sans une plainte.
Et je ne songe pas sans émotion à cette tête narquoise et pâle, allongée
par les deux pointes d’une barbe rousse, un Méphistophélès du temps des
Valois…
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