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Édité par la Ville d’Alençon, 2007
Format : 24 x 30. Broché. 64 pages. 135 illustrations couleur. Prix : 22
Euros.
Trop jeune pour être l’éditeur de Gérard de Nerval, Auguste Poulet-Malassis
était trop endetté lorsque Lautréamont le sollicita pour éditer Les
Chants de Maldoror. Néanmoins, républicain convaincu, il fut
l’éditeur-mécène de ses contemporains, des poètes romantiques aux
pamphlétaires opposés aux dérives du Second Empire.
Par la publication successive, l’année 1857, des volumes : Les Odes
funambulesques de Théodore de Banville, Les Fleurs du Mal de Charles
Baudelaire et Émaux et Camées de Théophile Gautier, il trace, à
trente-deux ans, un nouveau Triangle des Bermudes sur la cartographie
aléatoire de l’histoire poétique. Un bain de jouvence, en haute mer,
pour tout lecteur du futur, irréductiblement attaché à la liberté
absolue.
Selon une logique inhérente à la pure création, Charles Baudelaire en
voudra toujours inconsciemment à Auguste Poulet-Malassis d’avoir osé
être cet éditeur l’obligeant à accoucher du recueil de poésie de sa vie
et dont l’ordre même des poésies, pour ne rien dire de leur achèvement,
ne le contentera jamais.
Dans l’espoir que les mœurs légères de la cour ne déteignent pas sur le
petit peuple, la censure impériale refusera toute licence poétique aux
Fleurs du Mal, jusqu’à en retrancher six merveilleuses pièces. Mais
s’est-on seulement avisé, aujourd’hui, qu’au-delà de l’oxymore vanté de
ce titre, il faut sans doute le comprendre comme les « grâces » du mal,
c’est-à-dire les « condiments indispensables » à toute vie, comme l’est
le « bizarre » en regard de la « beauté » ?
De plus, Auguste Poulet-Malassis édita sur le même pied Leconte de Lisle,
Jules Barbey d’Aurevilly, les Frères Goncourt, Alphonse Daudet, Paul
Verlaine et Charles Asselineau, Champfleury, Charles Monselet, Hippolyte
Babou ou Alfred Delvau…
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