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Tout
ce qui brille dans un verre n'est pas de l'absinthe fût-ce dans la
peinture entre 1850 et 1915. Il va de soi que les Beaux-Arts n'ont pas de
vocation strictement documentaire et que toutes les interprétations leur
sont permises. Pour autant, quelques précieux repères servent à déterminer
s'il s'agit bien de fée verte. La couleur du liquide est le premier
indice à considérer. Il se doit d'être jaune- vert, opale, émeraude.
Le second est la couleur du métal qui ceint le goulot de la bouteille. Il
est argenté et non pas rouge comme pour de nombreux vins ou doré, façon
champagne. Le troisième est la présence sur l'étiquette de la croix
suisse, label des absinthes de qualité. Le quatrième concerne la forme
du verre. Il est plus haut, plus évasé et plus épais qu'un verre de vin
pour peu que le peintre ait été sensible à ses caractéristiques
intrinsèques. Il peut également comprendre un renflement à la base ou
une collerette qui indiquent, théoriquement, la dose d'absinthe à ne pas
dépasser...
Sur
les pas de Daumier, Manet, Degas, Renoir, Van Gogh, Gauguin,
Toulouse-Lautrec, Rops, Mucha, de Feure, Munch, Spilliaert ou Picasso, le
lecteur trouvera dans ce livre les chefs-d’œuvre les plus révélateurs
de l'évolution sociologique de cette boisson phare de la seconde moitié
du siècle dernier. Parallèlement, il découvrira que ces tableaux
illustrent à merveille toutes les péripéties artistiques du passage du
dix-neuvième au vingtième siècle sans omettre un mouvement, du réalisme
au cubisme en passant par l'impressionnisme et le symbolisme. Suivez donc
ce fil rouge ou vert, comme il vous plaira, et les siècles derniers
s'offriront à vous, sous un jour renouvelé...
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